Croisée des Flumes.

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 The Softness of a Fountain Pen.

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Fazz
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MessageSujet: The Softness of a Fountain Pen.   Mer 23 Juil - 15:51

I.


Il tombait encore et toujours dans le vide.
Les cartes autour de lui semblaient toujours plus bavardes.
Atterrissage.
L’autre homme encagoulé l’attendait.
Il lui balançait le paquet de cartes à la tête.
Et comme à chaque fois, il se noyait.
Il espérait quelqu’un pour le réveiller.

_ Le réveil, Max !

C’est ainsi qu’il sortit de la torpeur de son cauchemar. Comme tous les matins d’ailleurs. Et comme tous les matins, il se levait, regardait dans son miroir si les coupures subies à son visage pendant la nuit n’étaient pas devenues réelles. Mais non. Soulagement.

_ Max, viens prendre ton petit déjeuner tout de suite ! Dépêche toi bon sang !

Il ne se fit pas prier. L’odeur du chocolat se répandait déjà dans sa chambre une fois la porte ouverte. Il descendit les escaliers. Il observait comme à chaque fois le tourbillon formé par les marches en bois. Il constatait comme à chaque fois la douceur de la rampe. Il se délectait de l’odeur de son petit déjeuner… son cerveau recommençait à s’adapter au monde réel.

Il embrassa sa mère et but lentement son chocolat. La vérité c’était qu’il faisait ça non seulement pour mieux profiter du goût du cacao chaud qui lui glissait dans la gorge mais aussi pour pas qu’elle ne le voie. Mais évidemment, elle le savait. C’était sa mère après tout.

_ Tu as encore fait ce mauvais rêve ? Oh, chéri… tu devrais arrêter de lire des horreurs.
_ Je ne lis pas des horreurs, maman. J’en écris.
_ Ne sois pas si dur avec toi-même. Je trouve ça très bien moi ce que tu écris, chaton.
_ Je ne veux pas que ça soit bien. Je veux que ça soit parfait.

Angela soupira, puis regarda la grosse pendule accrochée au mur.

_ Moi, j’aimerai que tu te bouges ! Le bus passe dans dix minutes !
_ Et comme tous les matins, j’arriverai pile à l’heure.

Angela souriait. Mais un sourire, c’est toujours éphémère. Elle redevint elle-même immédiatement. Son visage s’obscurcit.

_ Oh, ce soir ne m’attend pas…
_ Tu es à un rendez vous avec la maison d’édition. Je sais. Comme toujours.

Il y avait beaucoup de chose qui étaient « comme toujours » dans la vie de Max.

Comme toujours, il avait beau chercher du regard son père dans la maison, il savait qu’il ne le trouverait pas. Au travail. Mais il était là le soir.
Comme toujours, il aurait beau chercher du regard, le soir, sa mère dans la maison, il savait qu’il ne la trouverait pas. En réunion. Mais elle était là le matin.
Comme toujours, il captait son petit monde sensoriel autour de lui pour mettre ses expériences préférées dans son petit carnet.
Comme toujours, il notait les détails en plus de son cauchemar.
Comme toujours, il se préparait vite, coiffait ses cheveux blonds en bataille, prenait ses affaires, embrassait sa mère.
Et, comme toujours, le bus jaune crasseux l’emmenait au (pas moins crasseux) Lycée Georges Fatwell.
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Fazz
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MessageSujet: Re: The Softness of a Fountain Pen.   Mer 23 Juil - 15:51

II.


Max avait une telle tête d’ange qu’aucun des profs du soi disant prestigieux Lycée Georges Fatwell ne daignait le remarquer, quand, au lieu de prendre les cours, il flânait. Il regardait en direction de ses amis, puis son regard s’éteignait un peu tandis qu’il s’éloignait du monde réel. Il ne les voyait ainsi pas lui faire de grands sourires. Mais il s’en fichait.

Max était parti loin, dans un univers psychédélique où les sucettes rouges et blanches tournoyaient autour d’un pot de miel, où sa longue plume faisait quelques brasses dans la piscine d’encre bleue, où le soleil et la lune pouvaient enfin vivre leur idylle, où des cheminées étaient dispersées ici et là, juste pour profiter d’un bon feu. Il fit encore quelques « pas », même s’il survolait plus qu’il ne marchait. Max aimait savoir que dans son monde tout allait bien, mais il voulait savoir si un nouvel arrivant était là.

Il passa le champ de roseaux, la chocolaterie, un groupe de personnages souriants, un poème déprimé, un arbre aux courbes douces, le pont pittoresque, la ferme.

Mais personne d’autre n’était encore arrivé. Rien n’avait changé.

Max n’avait plus d’idées.

Il ne vit pas venir le coup de règle sur la table.

_Max ! Réveillez vous ! Nous en étions à « Pourquoi travailler ? ». Avez-vous une réponse à cette question ? Nous l’attendons avec beaucoup d’impatience.
_ Pour être satisfait de soi ?

Madame Heibor arbora un sourire de victoire.

_ Réponse insuffisante. Si mon cours ne vous intéresse pas…
_ Oh, ce n’est pas le cours qui ne m’intéresse pas.

Pour la première fois, elle était moins sûre d’elle.

_ Le sujet bien sûr. Quoi d’autre ?

La cloche sonna avant qu’elle ait pu répliquer autre chose.

Le professeur de philosophie, Sophie Heibor, était la seule qui avait remarqué l’absence de Max durant les cours. Elle en parlait aux autres professeurs qui ne voyaient rien et ça la mettait toujours plus en colère. Et comme si ça ne suffisait pas, l’élève ne commettait jamais une bévue qui lui aurait donné le droit de passer ses nerfs dessus. Quand un professeur est injuste, on ne se pose jamais la bonne question. On se demande « Pourquoi est-ce qu’il est comme ça ? », « Qu’est ce que j’ai pu bien faire ? » ou encore « Est-ce que je l’aurais l’année prochaine ? ». Non, la vraie et bonne question c’est « En quoi sommes nous différents ? ».

Et c’était justement là le problème.

_ Vous n’avez rien de différent.

Il était déjà l’heure du déjeuner (et c’était exagéré d’appeler ces cubes de… viande ? poisson ? un « déjeuner ») et Max, Liza, Paolo, Tom et Karl discutaient du « cas Heibor ». C’était Liza qui s’était penchée sur le sujet.

_ Vous écrivez tous les deux, vous êtes des gens hypersensibles et vous vous posez toujours les mêmes questions stupides sur la vie.
_ Les questions ne sont pas stupides. Les réponses le sont.

Moment de malaise. Max les provoquait. Dès qu’on commençait à parler de lui, d’avoir une conversation sérieuse, on se lassait toujours vite.

Max était affectueux, c’est vrai. Gentil. Attentionné. Dévoué. Doué.
Mais à vrai dire il gênait aussi.
Terriblement. Affreusement.
Il gênait parce qu’il posait des questions que personne d’autre ne posait.
Il gênait à sa façon de parler.
Il gênait à cause de ses rêves bizarres.
Il gênait à cause de son imagination tordue.

Il gênait parce qu’il était différent.

Et, comme pris dans un cercle vicieux, son agacement grossissait de celui des autres et ce cycle d’incompréhension lui noyait ses idées dans une mer de colère.

Sa plume jadis dorée était à présent entièrement tachée de rouge.
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MessageSujet: Re: The Softness of a Fountain Pen.   Mer 23 Juil - 15:52

III.


_ Alors fils, comment s’est passée ta journée ?

Il était déjà sept heures du soir. La journée de lycée était terminée et son père était rentré. Tous les soirs, ils plaçaient la table pour trois. Même s’ils savaient pertinemment qu’elle n’arriverait que vers minuit, c’était plus un rituel que quelque chose de réfléchi.

_ D’après toi ? Bien, comme toujours.
_ Oh, oui. Comme toujours.

Tony n’était pas très bavard avec son fils. A vrai dire, il ne lui facilitait pas la tâche. Mais il pouvait comprendre. Ou du moins, il se disait qu’il avait compris et cela suffisait amplement à le contenter.

_ Je monte, papa.
_ Tu pourrais pas écrire une fois une histoire policière ? Tu as un style policier.

Max savait que son style n’était pas plus policier qu’il ne savait dessiner.
Il savait que son père voulait qu’il n’écrive que du policier.
Il savait que les choses spéciales qu’il écrivait ne l’intéressaient pas.
Il savait que pour son père, écrire était un passe-temps.
Mais il savait que pour lui, non.

Ecrire était une nécessité. Un besoin. Une évidence. Il fallait qu’il écrive, comme un oiseau doit voler, comme un dauphin éprouve le besoin irrésistible de faire des bons hors de l’eau.

Ecrire était dans sa peau.

Il s’allongea sur le lit et alluma son baladeur. Il mit une musique un peu rythmée. Il ferma les yeux.

Il voyageait au fil de la musique sur de nouveaux paysages. Il n’avait jamais vu cette mer. Il se positionna sur elle.

_ Ca pourrait être intéressant.

Et ce le fut. Quand la musique devint subitement plus suave, il les vit. De la mer décollaient des danseuses aquatiques. De loin on aurait pu croire à des vagues. Mais Max savait. Les magnifiques femmes s’agitaient dans un ballet enchanteur. Elles tournoyaient en l’air, devant lui. Il pouvait sentir l’écume sur son visage. Les entendre rire. Les voir voler gracieusement.

Quand soudainement, le ciel vira au gris. Il savait malheureusement ce qui allait se passer.

_ Tu veux jouer aux cartes avec moi ?

Il sentit une main glacée attraper son bras.

_ Max, Max ! Réveille toi, bon sang !

Il ouvrit les yeux, trempé de sueur, haletant. Le baladeur était toujours dans ses oreilles. Il regarda autour de lui. Trois choses avaient changé dans la pièce.

La première, c’était la présence de son père.
La deuxième lui fit douter de la réalité de ce qu’il voyait : c’était sa mère. En même temps que son père.
La troisième était la présence d’un homme court sur patte, joufflu, aux cheveux poivre et sel, qui tenait un stéthoscope dans les mains.
Le médecin de famille.
Ceci ne présageait rien de bon.

_ Bon retour parmi nous.

Il ne savait pas si les paroles avaient été prononcées par son père, sa mère ou le Dr. Gilbert. Ou par les trois ?

_ Ne vous inquiétez pas. Il ne s’agit ni plus ni moins qu’une crise de panique due à un cauchemar accompagnée de saignements du nez. Rien de grave.

Max sourit.

_ Merci docteur. Est-ce que vous auriez un remède contre… ça ?
_ Un remède ? Le meilleur du monde.

Angela, Tony et Max furent interloqués.

_ Oui, le meilleur du monde. Tes parents m’ont dit que tu écrivais beaucoup.
_ Oui, pourquoi ?

Il commençait à devenir perplexe.

_ Repose ton imagination durant un mois.
_ Attendez. Je vais devoir… arrêter d’écrire un mois ?
_ C’est cela.

Pendant un instant, Max cligna des yeux, regarda ses parents…
Et tout devint flou.
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MessageSujet: Re: The Softness of a Fountain Pen.   Mer 23 Juil - 15:52

IV.


Le temps. Peut-on parler encore de temps quand il passe d’ami à ennemi ? Est-ce encore seulement le même temps ? Pourquoi alors l’ennui vous dévore-t-il et étire le temps alors que le plaisir le compresse, l’étreint, tandis que l’on en soupire d’aise ?

Ce qui change, ce n’est pas le temps. C’est l’humain qui s’en sert.

Paf ! Vous naissez. Vous vaquez à vos occupations quand pof !

Vous êtes morts. Pas juste vous, mais bien votre corps et votre esprit, solidement attachés ensemble mais étrangement différents.

Mais votre corps ne nous intéresse pas ici. Parlons plutôt de l’esprit.

Avez-vous seulement contemplé votre esprit ?

Avez-vous pris le temps d’admirer ces montagnes imaginaires, de cultiver votre monde, d’être roi, créateur, modeste Dieu d’une création invisible ?

Avez-vous ouvert vos boîtes à souvenirs pour revivre ce moment ? Pour vous rappeler son parfum ? sa voix ? ses traits ? sa peau douce et délicate ? peut-être le goût de ses lèvres ?

Avez-vous une fois ouvert une fenêtre sur ce que vous souhaitez voir ?

Avez-vous seulement rêvé éveillé ?

Non. Pas assez. Jamais.

Vous avez cultivé le réel.

Tout cela, vous n’y avez pas cru.

Vous avez alors peut-être pensé à y consacrer plus de temps ?

Mensonges.

Vous ne vivrez pas éternellement. Pourrez-vous alors supporter l’idée même d’avoir peut-être laissé une civilisation imaginaire à sa perte ? un fictif voyage sur la lune ? un safari périlleux ?

Tout cela se trouve en vous.

Profitez.
Exploitez.
Cultivez un monde qui est vôtre et alors, enfin, vous aurez compris.

Vous aurez compris que dans votre esprit, vous attendait l’infini.

Vous qui vous vivez des passes difficiles, qui cherchez l’évasion, ou qui avez oublié la notion même de rêve : ouvrez l’issue de secours.

Fermez les yeux.

A présent, quelle est la réalité ?

Celle qui a disparu derrière vos paupières ou celle qui y vit ?

Quelle est alors seulement la différence entre la réalité et l’imaginaire ?

Et surtout : comment peut-on définir sans mentir ce qui existe de ce qui n’existe pas ?
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Druss
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MessageSujet: Re: The Softness of a Fountain Pen.   Mer 23 Juil - 22:56

Tu connais déjà mon avis sur ça I love you

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